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lundi 10 octobre 2016

Thanksgiving à Port Renfrew


La destination de cette très belle journée fût la côte sud-ouest de l'île au niveau de Port Renfrew, à deux heures de routes sinueuses de Victoria. Mon colloc Ilan et notre voisin Bader étaient du voyage.
Port Renfrew est un petit port de pêche, qui semble principalement habité par des indiens. C'est le point de départ du West Coast Trail - fait en juin - et le point d'arrivée de son petit frère, le Juan de Fuca Trail. Plusieurs plages sont réputées pour les surfeurs. Je souhaitais aller à Sombrio Beach et Botanical Beach.

Les canadiens ont une définition très large de la plage. Elle inclut toutes les parties côtières qui sont dévoilées à marée basse: cela va des belles plages de sable fin - très rares dans ce coin du monde - jusqu'à la côte très rugueuse.

Sombrio Beach est une plage de galets. Elle sert de spot de surf pour les habitants de Victoria et de campement pour les randonneurs du Juan de Fuca Trail. Une ambiance bohème unique règne sur petit bout de côte. C'est un mélange de jeunes blonds cools, de planches sous le bras, de marcheurs suréquipés, de feux de camps et de guitares. Une armée de combis Volkswagen et de camionnettes aménagées en camping-cars est garée sur le parking.









J'avais décidé d'aller à Sombrio Beach suite à des photos sur Instagram d'une cascade coincée dans un petit canyon. En effet, bien caché dans la végétation, un tout petit cours d'eau vous emmène dans un canyon tortueux, poli et couvert de mousse. Au fond de ce canyon, une jolie cascade continue de creuser la roche tendre.



La seconde étape de notre mini roadtrip nous amena à Botanical Beach. Il s'agit d'un bout de côte rocheuse. L'intérêt est d'y aller à marée basse pour explorer la côte d'une crique à l'autre. Sur le chemin, de drôles de piscines d'eau de mer. En ce mois d'octobre, c'est un spot idéal pour regarder le soleil se coucher. Lors de notre casse-croûte, un lion de mer et des goélands se faisaient un festin de poissons à quelques dizaines de mètres de nous.







Bien qu'il commençait à être tard, la troisième étape nous amena dans les montagnes à la recherche d'un bout de forêt réputé pour ses vieux cèdres rouges: Avatar Grove. Mon colloc en avait entendu parler. Nous trouvâmes le petit panneau indiquant l'emplacement après 25 minutes de routes tortueuses et non goudronnées dans la montagne. Les arbres étaient impressionnants. A cette heure du jour, ce bout de forêt était mystérieuse.





Enfin sur la route retour, nous eûment la chance de voir deux belles femelles wapitis, une espèce de grands cerfs, ainsi qu'un magnifique coucher de soleil sur la baie de Port San Juan.



samedi 11 juin 2016

West Coast Trail: 6ème et 7ème jours - Tsusiat Falls à Pachena Beach (km 25 -> km 0)

Le départ de Tsusiat Falls marque le début du lent retour a la réalité. On ne s'attend plus a découvrir une plage aussi belle que Tsusiat, et profiter d'une météo aussi clémente. D'ailleurs, il pleut ce vendredi matin. Il pleut depuis la veille au soir. C'est le climat de la forêt pluviale. Il va falloir donc marcher, espérer que les bornes kilométriques défilent assez rapidement. Le chemin jusqu'à notre prochain campement (Michigan Creek, km 12) est réputé facile mais nous sommes tous fatigués.

Paré pour tous les temps
Derniere vue sur Tsusiat Falls Beach
Pause pansements pour Amanda
Le chemin se fait principalement sur la plage avec de beaux passages de forêt. Il existe beaucoup de restes de naufrage sur cette portion. Notre carte fournie par le parc lors de notre réunion d'information liste l'ensemble des épaves. Quant à la pollution, elle reste relativement limitée.



Souvenir chinois (ou japonais, allez savoir)
Ancre du Woodside - 1888 (?)
Cargaison perdue?
Cargaison perdue?
Machine à vapeur du Michigan détruit par le feu en 1893
Nous avons trouvé ces petits bonhommes découpés dans des feuilles tout au long des 7 jours de randonnée.




Nous decouvrons cette magnifique cascade. Il fallait remonter le ruisseau sur 100m. L'eau était gelée et les galets particulièrement douloureux. Ces 100m étaient une vraie torture mais lùendroit un paradis. L'allemand réussi à s'y plonger néanmoins. Malheureusement, mes photos ne sont pas à la hauteur.


Nous arrivons tôt sur Michigan Creek Campground. Le temps commence à paraître long. On a tous du mal à supporter A. mais on apprécie encore le passage des nombreuses baleines à quelques centaines de mètres de nous. Cindy s'enferme dans sa tente vers 18h et n'en ressortira plus avant le départ le lendemain matin. A. reprend ses bonnes habitutes du tiers monde malgré notre opposition unanime. Il brûle tous ses déchets dans le feu: emballage plastique souple ou rigide, boîtes de thon; tout y passe.  Ce type nous dégoute jusqu'au bout.
Repos sur Michigan Creek Campground
Vue depuis Michigan Creek Campground
Le dernier jour sera pénible. Nous devons être à 13h à l'arrivée pour ne pas râter notre bus. On marche en mode robot. Je glisse sur une planche humide et tombe dans le ravin: Heureusement que des arbustes recouvrent la falaise et m'empêchent de tomber plus bas. Sans aide; je ne sais pas comment j'aurais fait: 1- détacher mon sac et prendre le risque de le voir tomber plus bas; 2-essayer de m'extirper en gardant mon sac sur le dos et prendre le risque de tomber plus bas sous mon propre poids. Bref A. est venu me secourir. A l'entrée de la baie de Pachena (km 9), une colonie de lions de mer s'affaire bruyamment sur un bloc de granite.

Phare de la pointe Pachena

L'arrivée n'est plus très loin. Les derniers kilomètres sont vraiment pénibles. Une vieille moto japonaise indique que la civilisation n'est plus très loin. On aimerait courir mais le chemin est humide et nos jambes plus aussi sûres qu'aux premiers jours. Après 2 ou 3 échelles, la plage qui marque l'arrivée se dévoile enfin. Je découvre le mot "fin" écrit dans le sable. C'est idiot mais ça me fait plaisir de lire du français.



mercredi 8 juin 2016

West Coast Trail : 4ème jour, Cribs Creek - Tsusiat Falls (km 42 -> km 25)


Je me reveille vers 5h30. J'entends la pluie sur le toit de la tente. Je pense aux sacs des filles qui sont restés dehors. Je prépare un stratageème pour pouvoir me préparer, déjeuner et tout ranger sans me mouiller ni mouiller mes affaires. J'ai compris que pour gagner du temps, il ne fallait pas procéder par phase mais lancer toutes les phases en même temps. On met l'eau à chauffer avant toute chose. Elle aura le temps de bouillir et le thé de se refroidir d'ici à ce que je roule mon sac de couchage, mon matelas et que je range toutes les autres affaires accroupi dans la tente. Pas moyen néanmoins de ne pas exposer le corps de la tente à la pluie. Il faudra la ranger humide avec le toit de tente trempé. 

Mes coéquipiers sont plus lents et je dois less attendre sous la fine pluie. Je décolle en avance, prétextant avoir froid. eveux surtout rejoindre la forêt le plus rapidement possible. On a le choix entre la forêt ou la plage. Par un temps pluvieux, je préfère rejoindre la forêt le plus rapidement possible, surtout que le chemin est bien entretenu sur cette portion. C'est une promenade de santé. La présence de hameaux autochtones dans les environs doit en partie expliquer cela. Ils servent de main d'oeuvre. 





Ursula se joint a moi. On passera la matinée tous les deux. Elle marche vite. Je presse le pas. Mon allure reste "moyenne" a son goût. Peu de choses à dire sur cette portion. C'est un classique du bord de mer. Un chemin en haut d'une falaise, en grande partie enfermé dans la végétation. Des trouées permettent notamment de profiter de jolis points de vue. Le soleil apparaît enfin. 








Vers 11h, on atteint rapidement le petit ferry du lac Nitinat (km 33) qui est tenu par un autochtone. Il propose aussi du poisson au barbecue et des bières. Avec Ursula on se partage le dernier morceau d'halibut et un morceau de saumon. Les randonneurs sont invités à epingler leur lieu d'origine sur une mappemonde accrochée au mur. Je suis le premier breton.  On croise sur ce petit ponton les randonneurs croisés dans la navette et qui ont choisi de descendre vers le sud. Cela marque le milieu du voyage. 




Le reste du groupe nous rejoint 1 heure plus tard. Evidemment ils commandent les crabes qu'ils ne savent pas décortiquer. Ursula trépigne et décide ne plus attendre et de rentrer a Victoria avec la navette du Jeudi midi. Les autres filles sont tentées mais les pieds d'Amanda les en dissuadent rapidement. Je n'ai aucune envie de prendre la navette du jeudi. Je suis en vacances et j'ai bien l'intention de les faire durer. Ursula prend donc le premier petit ferry seule. On ne la reverra plus.


Je dois donc attendre 1 heure de plus pour que les autres finissent de dépiauter leur dormeurs avec l'aide du patron. On repart enfin. Le ciel se couvre et devient menaçant. A. veut absolument que l'on s'arrête pour la nuit dans des tentes de refugiés avec poëles à bois qui sont facturés 90 dollars la nuit par des autochtones. Il nous presse, nous faisant croire que c'est pour le bien des pieds d'Amanda. Mais Amanda est forte et ne souhaite pas que l'on change le programme pour elle. Pour ma part, je n'ai aucune envie de dormir dans la même tente que A. ni de payer pour un service que j'ai deja payé et que je porte sur mon dos 6 heures par jour: ma propre tente.



Il est vrai le ciel se couvre et devient menacant. J'ai le malheur de marcher avec A. Les autres ont un rythme de marche bien trop lent. Il me tient un discours tout altruiste, me répétant ses bonnes raisons pour rester dans les tentes de refugiés et de rester grouper. La marée monte mais je pense qu'il n'y a aucun risque à prendre le raccourci de la plage pour le dernier kilomètre et demi qui nous sépare de Tsusiat Fall Campground (km 25). A. est perdu sur la carte. Il a peur de se faire piéger par la marée montante. Il hésite un moment et sur un coup de tête par tout seul sur le chemin de la forêt.


Je décide de continuer seul en passant par la plage. Et tout d'un coup, seul sur cette grande plage de sable, sans âme qui vive autour, avec potentiellement une faune hostile qui m'épille, je panique intérieurement. Et si A. avait raison. Loué soit Dieu, l'Allemand qui avait suivi le sentier forestier reconnaît mon ciré jaune, suivi par Cindy me rejoignent sur la plage. A. nous suivra à quelques centaines de mètres.


On arrive à la plage. On installe nos tentes. On découvre cette magnifique cascade qui chute verticalement de la falaise. Elle forme un bassin à son pieds et l'eau disparaît sous la plage. C'est un peu surréaliste. Imaginer une telle quantité d'eau tomber sur la plage et aucun ruisseau qui n'en émerge. Il fait gris mais bon. J'en profite pour me baigner tout en me lavant. 





On passera la soirée autour du feu de camp et d'un jeu de cartes. Des baleines croisent au large.



Une baleine croise au large de la plage